Les Vaches à la Rue: des desserts à tomber par terre!

Myriam et ses vaches calines!

Une logique permacole pour un élevage de vaches à lait

Myriam Chevillon s’est installée il y a deux ans à La Rue à Langan (on a mieux compris le nom des “vaches à la rue” en voyant le panneau “La Rue”!). Éducatrice spécialisée pendant 15 ans, elle décide de retourner à son environnement d’origine: la terre. En effet, son père est agriculteur à quelques kilomètres, et Myriam a voulu suivre la tradition familiale, par plaisir et passion, tout en prenant son envol avec ses propres terres.

Pour le bien-être animal ainsi que pour l’autonomie alimentaire, un hectare par vache est nécessaire. Dès son arrivée, Myriam a donc ensemencé ses pâturages afin de pourvoir aux besoins de ses 36 vaches. Elles se régaleront de trèfle, orge, blé, pois fourragers…

Une vie paisible pour une vache laitière heureuse

Pas de discrimination par âge aux vaches à la rue: toutes les vaches sont mélangées et leur âge se devine à leur nom. Peluche et Pistache ont donc le même âge car elles sont de l’année des “P”. La plus âgée d’entre elles, Chachou, a 11 ans et produit encore du lait. Dans le conventionnel, une vache prend sa retraite a 6 ans, souvent épuisée par le niveau de production qui lui est demandée.

Bien que mélangées par âge, les vaches sont tout de même divisées en deux groupes:

  • Les vaches taries: ce sont les vaches qui doivent se reposer pour se préparer au vêlage, ou simplement celles qui ont besoin de reprendre du poil de la bête
  • Les vaches qui sont en pleine forme et peuvent être traites (tous les jours à 17h)
Veaux de race normande

Le veau est laissé avec sa mère et la tète directement – il n’y a pas de biberon. Les veaux femelles sont pour le moment gardées, et les mâles sont cuisinés au sein de la grande famille de Myriam (on retrouve encore une fois le sujet important du cycle alimentaire).

Pour leur santé, en plus de la nourriture saine et locale, les vaches ont accès à des pierres à lécher maison: huiles essentielles et compléments minéraux permettent de prévenir plutôt que de guérir.

Un choix des races qui en dit long

Myriam a choisi deux races de vaches légères: les Pies noires bretonnes et les Jersiaises. Ce sont de petits gabarits, qui n’ont pas une production aussi importante que les races retenues pour les grandes exploitations, mais dont le lait est excellent pour la transformation.

La Pie noire est également une vache rustique, beaucoup plus résistante aux conditions bretonnes. Cependant, elle a bien failli disparaître dans les années 50 et 60 avec l’arrivée des grandes exploitations et des demandes toujours plus élevées de production.

Pie noire bretonne

Un autre avantage des vaches légères, c’est qu’elles abîment beaucoup moins les pâturages, clés pour l’autonomie alimentaire.

Ce n’est donc pas par recherche de productivité que Myriam a choisi ses vaches, mais bien par amour pour ces races, leur caractère et ce qu’elles représentent pour l’agriculture responsable.

La transformation exclut la solitude des agriculteurs

Beaucoup d’agriculteurs souffrent de ne voir personne: ils apportent leur lait (ou autres denrées) uniquement chez le transformateur, et ont donc très peu d’interactions.

Myriam partage le travail de transformation avec une salariée, réalise une partie des livraisons, reçoit des livreurs, rencontre les distributeurs… Au début, elle n’osait pas se lancer dans la transformation, mais elle ne regrette pas d’avoir suivi les encouragements de ses proches.

Myriam et Pauline et les vaches à la Rue

Et on apprécie aussi ce choix car les produits sont excellents! D’ailleurs, nous ne sommes pas les seuls à le penser: un nouveau laboratoire, bien plus grand et équipé que l’actuel, va être inauguré en fin d’année, car la demande a bien progressé.

Responsable de bout-en-bout

Un dernière décision importante a été mise en place par Myriam: la consigne. Tous les produits des Vaches à la rue sont présentés dans des contenants consignés: yaourts, lait, crème fraîche… L’objectif est de générer le moins de déchets possibles: les opercules ou autres bouchons ne pouvant pas légalement être réutilisés, le zéro déchet rencontre bien sûr des limites. Mais la grande majorité de l’emballage n’est pas à usage unique.

Attention toutefois au dos et à la manutention: c’est une des problématiques de la consigne, mais de bonnes conditions de travail et un rythme adapté permettront d’y faire face.

Prenons soin de nos vaches, de notre planète, et ne nous oublions pas!

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