L’exemple de Coat Albret: la Responsabilité Sociale des Entreprises traditionnelles parfois bien supérieures à celles des entreprises dites innovantes.

Cidre Coat albret
Coat-Albret @ Pascal Glais

La Responsabilité Sociale des Entreprises: ce sont ceux qui en parlent le moins qui en font le plus?

Beaucoup d’entreprises se vantent de leur politique RSE: recyclage du papier, tasses réutilisables, garage à vélo, dématérialisation… On limite bien souvent la RSE à quelques initiatives greenwashing qui cachent la forêt. Or, l’objectif devrait être de réellement améliorer les conditions de travail, l’égalité des chances, l’épanouissement professionnel et personnel, et de limiter l’impact écologique.

Pour certaines entreprises, c’est une telle évidence que ce point n’est pas mis en avant dans leur communication. Ce sont celles qui en parlent le moins qui en font le plus?

Coat Albret: une entreprise où il fait bon travailler et être une femme (et un homme)

Morgan Berthelot a repris la cidrerie de son père alors qu’elle avait à peine 30 ans. Sans mettre le mot RSE devant, elle a pris de nombreuses initiatives qui en font une entreprise très avancée sur le sujet.

En effet, le travail dans une cidrerie reste un travail physique, avec des tâches répétitives et fatigantes. Mais si chacun est polyvalent, alors la répétition se fait moins lourde et les charges également. Sur les 8 salariés, dont 50% sont des femmes, presque tous travaillent sur la chaîne, la réception des pommes, les livraisons et le marché des Lices.

Chez Coat Albret, on n’hésite pas non plus à dépenser et innover pour se ménager: ainsi, un quai de chargement pour 3,5 tonnes a été créé pour ne plus avoir à soulever les caisses pour le chargement.

Pour être un environnement de travail parfait, il manquait un dernier point: l’aménagement du temps. Cela non plus n’a pas été oublié par Coat Albret. Tout le monde réalise ses 35 heures (ou 39 heures pour les anciens contrats) en 4 jours par semaine afin de privilégier sa vie personnelle et familiale.

Si vous pensez à une reconversion, nous ne serions pas étonnés!


Nous réfléchissons à un mode de fonctionnement de type “entreprise libérée”

Morgan Berthelot, le 27 mai 2020


Morgan Berthelot nous a même communiqué une nouvelle information: “nous réfléchissons à un mode de fonctionnement de type “entreprise libérée”” Les connaissant ça ne va pas tarder à se mettre en place, et on a hâte de vous partager leurs choix, tâtonnements et avancées.

L’impact écologique: l’autre pilier d’une entreprise durable

Coat Albret, lavage de bouteille
Coat Albret, lavage de bouteille.

Coat Albret a basé son activité sur la protection de la biodiversité et la renaissance du patrimoine paysager (un article à venir prochainement).

Le choix de l’activité locale lui permet également de mettre en place la consigne. Ainsi, au lieu de jeter 350 000 bouteilles par an, plus de 80% sont récupérées et réutilisées une quinzaine de fois. La logistique retour n’est pas un surcoût pour Coat Albret: en effet, la livraison est effectuée en interne et, lorsque les commerçants sont livrés, il y a de la place dans le camion pour récupérer les bouteilles vides.

Coat Albret nous indique que la consigne lui coûte trois fois moins cher que d’acheter des bouteilles en permanence: un argument qui peut peut-être faire mouche et convertir plus de producteurs!

Tous acteurs de la RSE: en interne comme en externe

Pour que la boucle fonctionne, il suffit que l’on joue tous le jeu. Ainsi, la consigne ne peut fonctionner que si nous ramenons les bouteilles vides chez notre commerçant ou au marché des Lices.

Mais avant même de ramener la bouteille, il faut décider laquelle acheter: quels sont les critères à prendre en compte? Le goût? Le prix? La proximité? Les conditions sociales? L’impact environnemental?

Nous ne sommes pas acteurs uniquement à travers la consommation, mais nous encourageons bel et bien un modèle économique et social à travers nos petites actions quotidiennes.

Pas de petit geste inutile: nous faisons tous partie d’un cercle vertueux ou vicieux

Nous ne sommes qu’un parmi des milliards: un seul individu isolé a peu d’impact, mais plusieurs centaines de milliers d’individus, isolés, en ont déjà un peu plus.

Si tout le monde ramènent les dix bouteilles achetées annuellement, alors Coat Albret peut réutiliser ses 350 000 bouteilles. Extrapolons, et rêvons: et si toutes les cidreries françaises le faisaient avec les 180 millions de bouteilles vendues par an… Et toute l’Europe avec ses 1 milliard de bouteilles.


Ce ne serait possible qu’avec une consommation locale: mais a-t-on besoin de boire du cidre irlandais?

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