L’éco-score: introduction, avantages, et limites

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Qu’est-ce que l’éco-score?

Ce score se base sur les données d’impact de l’Ademe (Agence de la transition écologique) afin de quantifier les impacts environnementaux, et notamment les émissions de gaz à effet de serre (GES), les impacts des pratiques agricoles, du transport, des emballages, de la transformation

Pour les produits simples, le résultat est plutôt intuitif : l’impact carbone d’une courgette bio, locale et de saison aura un meilleure score qu’une courgette d’Espagne conventionnelle cueillie en février. Pour les produits transformés, le calcul de tête est plus compliqué.

Et surtout, les résultats sont parfois contre-intuitifs.

Une remise en cause de nos convictions

Un petit beurre local dans un emballage papier devrait tout de même avoir un impact carbone bien moindre qu’un gâteau vegan allemand emballé dans du plastique !

Si on se plie strictement à l’exercice, les calculs nous prouvent le contraire. Pourquoi ? À cause des ingrédients d’origine animale dont la production génère à elle seule plus de GES que le transport ou l’emballage des gâteaux vegans.

Le score environnement détrône également celui qui est tant vénéré : le verre. En effet, le verre est très lourd, ce qui impacte fortement le transport (pour 330g de confiture de framboises, ce sont près de 200 grammes de verre qui sont transportés).

Le verre demande également énormément d’énergie pour être produit, et donc pour être recyclé. De plus, il reste bien souvent à usage unique. Pour les produits vendus dans des emballages consignés, cet impact est quasiment réduit à zéro (à condition de jouer le jeu !).

Dans cette logique, si on prend l’exemple du lait, le mieux est de l’acheter en bouteille consignée, l’entre-deux est de l’acheter en tetrapak (que l’on recycle ensuite), et le pire est de le consommer en bouteille en verre à usage unique.

Des pratiques agricoles qui ne peuvent pas être prises en compte

Pour ceux qui jardinent, ou se renseignent, il y a beaucoup de manières de cultiver en bio. Vous pouvez acheter des engrais, ou utiliser votre compost ou le purin de la ferme d’à côté. Vous pouvez faire de la monoculture bio sur de grandes surfaces, ou travailler dans une micro-ferme où les différentes cultures et élevages s’entraident.

Tout cela n’apparaît pas dans l’éco-score qui se base uniquement sur les pratiques les plus répandues. Chez ecoRennais, nous valorisons au maximum les petites productions, et encourageons les exploitations pluri-disciplinaires. Toutes ces informations, vous les retrouverez dans nos différents articles, dans les fiches produits, et dans notre magasin.

Nous faisons ce choix parce que l’éco-score ne permet pas de  trancher : est-ce qu’une chèvre élevée en micro-ferme, qui a tondu la pelouse gracieusement, mangé les feuilles des branches coupées et enrichi le sol de ses excréments a un impact carbone égale à une chèvre d’un élevage nourri aux compléments, même bios, où la pelouse passe à la tondeuse et les branches au broyeur ?

Peut-être que l’on prêche pour notre paroisse, ou plutôt pour nos moutons ! Mais nous n’avons pas l’impression que nos petits moutons noirs aient un fort impact carbone à l’écohameau où nous aimons passer du temps : au contraire !

Doit-on penser en grammes, ou plutôt en calories ?

Un exemple tout simple sur le fromage : les pâtes dures ont un impact carbone plus élevé que les pâtes molles, car il leur faut plus de lait pour arriver à ce niveau de concentration. Mais mangeons-nous des portions identiques ?

Une autre théorie affirme que les légumes sains apportent plus de nutriments que les légumes de supermarché, et qu’une petite portion suffit (alors que la mauvaise qualité de la nourriture des dernières décennies nous a fait nous rabattre sur la quantité).

On pourrait tomber sur un résultat du type : une “bonne” tomate = deux (ou x) “mauvaises” tomates pour obtenir les apports nécessaires. En toute logique, manger moins (et mieux) diminue notre impact sur l’environnement.

S’il présente ses limites, pourquoi afficher l’éco-score?

Parce qu’il permet d’approfondir la question de l’achat responsable. D’accord à 100% ou non avec la méthodologie, il permet de se poser les bonnes questions et de ne pas fermer les yeux sur certains sujets.

Pour les plus novices, il s’agit d’une première aide, d’un indicateur dont le rôle est d’indiquer, pas de trancher. Pour les plus avancés, l’éco-score et cet article les encourageront à aller encore plus loin (plus d’emballages, que du consigné – moins de produits transformés…).

Et comme les bases de calcul se fondent sur les pratiques les plus répandues, peut-être qu’il faut changer les pratiques pour changer les scores. Si j’aime les produits d’origine animale, je peux acheter ceux d’une microferme plutôt que d’un élevage intensif : si la norme change, alors le petit beurre n’en sera que plus vertueux !


Afin de vous aider à choisir vos produits, le Click&Collect ecoRennais affiche de nombreux filtres facilement reconnaissables : produit en Bretagne, bio, vegan, équitable… Nous avons également décidé de nous associer à ECO2 Initiative, via son calculateur Etiquettable, afin de vous faire bénéficier d’informations complémentaires : l’éco-score, ou score environnement.

Diffuser ce score, c’est aussi lutter contre les lobbys de l’agroalimentaire

La diffusion et la reconnaissance du nutriscore ont représenté une victoire : les lipides ne peuvent plus se cacher derrière de beaux slogans car nous sommes tous capables de comprendre facilement et rapidement l’impact d’un produit sur notre santé.

C’est ce qui va être obtenu avec l’éco-score : une méthodologie reconnue officiellement et qui sera donc uniformisée. En le diffusant largement, nous permettons de véritables comparaisons entre les produits, et faisons pression pour que tout le secteur soit obligé de l’indiquer. Sur ces bases solides, il sera toujours possible de l’améliorer.

Par contre, ne vous arrêtez pas de manger!

Ce score, c’est un peu comme les calories : quoi que l’on fasse on en ingérera, quoi que l’on fasse notre plat aura une empreinte carbone… Mais on ne doit pas arrêter les repas : il faut simplement en prendre la mesure.

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