Brasserie locale Vieux Singe: un bel adage

Une autre histoire qui commence dans un garage (mais qui nous prend pas pour des poires!)

Visite de la Brasserie

Deux amis, Fred et Alexis, ne connaissent pas grand chose à la bière, mais leurs âmes aventurières les conduisent dès 2011 vers des kits de brassage. Et apparemment, boire les premières réalisations demandait du courage: “résultats pas géniaux”, “goût de plastique”…

Mais les deux néo-brasseurs ne se découragent pas, et découvrent de nouveaux horizons en réalisant des recettes de bières américaines, de bières acides: bref, de saveurs qui changent des habituelles bières belges. Leurs aventures en tant que brasseurs amateurs durent sept ans.

Deux amis qui quittent leurs jobs pour le Vieux Singe

Durant les premières années de brassage amateur, Alexis travaille en informatique à Paris et rejoint régulièrement Fred à Rennes pour leurs aventures. Il trouve ensuite un travail à Rennes pour faciliter la logistique et brasser encore plus.

Et lorsque Alexis quitte son travail car il finit par s’ennuyer dans ce périmètre trop restreint, les deux amis commencent une nouvelle aventure: l’entrepreneuriat. Il faudra un an de préparation pour que les premières bières du Vieux Singe soient officiellement vendues en avril 2018, sept ans après leur premier brassin.

Alors quels liens entre l’informatique et la bière?

  • La bière, c’est d’un côté la création, avec la recherche de saveurs, mais aussi des process bien cadrés (températures, temps, mesures)
  • Pour l’entrepreneuriat, c’est toujours pratique de pouvoir faire ses propres outils
  • Les logiciels libres ont inspiré leur manière de travailler: toutes les recettes et les conseils sont publiés et en accès libre

Mais il y a bien sûr des différences, notamment le rapport au temps: dans les entreprises où Alexis et Fred travaillaient, que ce soit dans l’informatique ou la vidéo, il fallait produire vite et les résultats étaient immédiats. Les levures, elles, prennent leur temps: il faut donc compter deux mois de fermentation et apprendre la patience!

Le Vieux Singe, un nom choisi par amour pour les vieux adages, ne symboliserait-il pas la voie de la sagesse?

Une bière aux nombreuses saveurs et valeurs

En plus de publier les recettes, les deux amis ont pris des engagements clairs:

  • Utiliser des matières premières biologiques
  • Utiliser du malt local (30% plus cher que du bio étranger, et deux fois plus que du conventionnel: ils ont donc décidé de faire moins de marge)
  • Privilégier l’artisanat face aux industriels
  • Donner la drêche à un agriculteur local
  • Développer la consigne d’ici fin 2021 (même si ce n’est pas aisé)
  • Partir sur un principe de confiance (prêt des tireuses pour les évènements festifs des particuliers)
  • Privilégier les petits commerçants face aux grands distributeurs (merci!)

Les microbrasseries: une résistance et renaissance nécessaires au retour des filières

Le malt se retrouve assez facilement en France, mais où est passé notre houblon? Demandez à Inbev! Les houblonneries alsaciennes AB vendaient 75% de leur production à l’américain Anheuser Busch dans les années 2000. Et lorsque Anheuser Busch se fait racheter par l’entreprise américaine Inbev, cette dernière rompt tous les contrats, impose le houblon de son pays et fait disparaître les houblonneries françaises petit à petit.

Pour ceux qui veulent recréer la filière, la tâche et (in?)volontairement rendue peu aisée: réglementation très stricte, contrôle réguliers exigés et un seul laboratoire homologué (en Alsace). Si on ajoute à cela les réglementations du bio, il faut plusieurs années avant d’avoir sa première production digne de ce nom. Pourtant, on compte déjà une houblonnerie dans le 22, le 56, le 35 et le 44. La demande est là.

Un panneau fait à la main: on est admiratifs!

Pourquoi autant de succès?

Les brasseurs locaux sont très solidaires: Fred et Alex les avaient rencontrés, et tous leurs disaient qu’ils n’arrivaient pas à suivre la demande. C’est pourquoi le partage de connaissances y est très répandu.

Modestement, les fondateurs du Vieux Singe ne se disent pas plein de succès, mais tout simplement qu’ils ont rencontré leur public. Pourtant, ils viennent d’investir dans une cuve de 4 000 litres alors qu’ils avaient auparavant une capacité de 4 500 litres: si on compte bien, cela fait presque doubler la production!

Ami.es brasseur.se.s, quittez votre garage et révélez-vous au grand jour: Rennes vous attend!

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